Le Pinail, un patrimoine naturel, historique et culturel

Elle domine la Vienne et le Clain, entre Châtellerault et Poitiers. La réserve naturelle du Pinail fait partie de la commune de Vouneuil-sur-Vienne. Elle comprend de vastes étendues de brandes, appellation locale des landes et de la bruyère à balais. Là, pendant plus d’un millénaire, on a extrait des pierres meulières. Apparentée au Pinail, la forêt de Moulière porte en son nom la mémoire de cette activité. Celle-ci a donné naissance à un paysage hors du commun avec des mares à perte de vue. Un espace aujourd’hui protégé et valorisé par une réserve naturelle nationale, créée en 1980.

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Vue aérienne de la réserve du Pinail ©Roland-RAIMOND

Texte : Kévin Lelarge, conservateur, Réserve naturelle nationale du Pinail

D’une superficie de 142 hectares, la réserve du Pinail est criblée de quelque 6 000 mares, permanentes et temporaires. Toutes sont issues de l’extraction séculaire de la pierre meulière. Paradoxalement, c’est la pauvreté du site qui est à l’origine de sa richesse. La biodiversité prend ici racine sur des sols pauvres, oligotrophes (dépourvus de substances nutritives) et humides. La forte imbrication des mares et des landes, des milieux aquatiques aux milieux terrestres, facilite l’expression d’une grande biodiversité. La réserve compte plus de 2 500 espèces recensées de faune, flore et fonge.

Le Pinail : une réserve de landes humides

L’intérêt des habitats terrestres de la réserve naturelle du Pinail se concentre sur les landes humides. Celles-ci abritent notamment la dernière population de l’azuré des mouillères de Poitou-Charentes. La rareté et l’originalité de ce papillon relèvent du fait qu’il ne peut pondre que sur une unique plante, la gentiane des marais, et que ses larves sont élevées par des fourmis.

L'Azuré des Mouillères © Yann SELLIER
L’Azuré des mouillères, un papillon rare qui ne pond que sur la gentiane des marais © Yann SELLIER

Le complexe de landes comprend divers habitats, allant des pelouses sèches aux zones de suintement, où croît notamment la spiranthe d’été. Le changement climatique menace malheureusement cette orchidée très rare. En effet, le changement de régime des pluies assèche son milieu de vie.

Entretien par brûlis

Ces milieux abritent une multitude d’espèces animales et fongiques, à l’image de la fauvette pitchou, oiseau emblématique du site. Ou encore des hygrocybes et entolomes, des champignons des milieux ouverts. Cette diversité est essentielle dans les secteurs détruits par le feu (les champignons pyrophiles qui décomposent le bois brûlé, la fougère pilulaire à globules) et pâturés (les orthoptères, la fourmi commensale, le passereau pipit farlouse). Car le patrimoine naturel du Pinail nécessite des interventions régulières pour rester en bon état de conservation. L’association GEREPI les orchestre de l’automne à l’hiver : fauche et débroussaillage, brûlage dirigé et pâturage extensif. Pour lire la suite