Paysage dans l’Aunis

Oeuvre de Jules-Louis Moreteau, huile sur toile, 130 x 160 cm

Texte : Zahra El Fekkak (1ES4), inscrite en histoire des arts option facultative, Lycée Jean Dautet La Rochelle.

Jules-Louis Moreteau est né en 1886. Il fut l’élève de Charles Fouqueray. Il exposa ses œuvres aux salons des artistes français à partir de 1922. Il réalisa de nombreuses peintures orientalistes et fut le meilleur ami de Louis Morère, peintre expressionniste, qui réalisa tout comme lui de nombreuses vues du Maroc.

Le tableau que nous étudions fut peint en 1925. Actuellement exposé au musée des Beaux-arts de La Rochelle, il a pour sujet un paysage champêtre de bord de mer.

Moreteau_paysage d'Aunis

Paysage dans l’Aunis, de Jules-Louis Moreteau, huile sur toile, 130 x 160 cm

Comment le peintre a-t-il su donner de l’originalité à un sujet classique et innover dans la composition ?

La scène représentée nous donne une vision conjuguant un sujet champêtre et une marine. En effet au premier plan on contemple le repos d’une bergère assise et de son chien couché à ses pieds, à droite d’un chemin qui sépare la scène en deux parties et nous mène au point de fuite central. Sur le côté gauche, on distingue cinq moutons broutant dans un champ près du bord de mer. Le tout est encadré par des arbres dont les volumes sont sculptés par la force des vents marins.

Mais cette vision idyllique est bouleversée par le dernier plan du tableau, obscurci par le ciel menaçant qui prend plus des deux tiers de l’espace. Ce ciel est extrêmement nuageux ; les nuages cotonneux, pareils à des montagnes au loin, vont du blanc au gris soutenu pour les plus fin d’entre eux situés en haut de la toile. Les autres sont nuancés par de légères touches rosées, bleutées, orangées, reflétant ainsi la lumière solaire crépusculaire et nous indiquant le moment de la journée. La forte présence des nuages semble alourdir l’atmosphère du tableau.

Cependant on distingue une trouée de lumière centrale arrivant par la droite du tableau éclairant la verdure. La terre et le ciel sont séparés par la mince bande d’eau bleu foncée de l’océan atlantique à l’horizon, s’éclaircissant près du rivage. Le jaune beige de la plage est repris dans la teinte du chemin et d’un aplat figurant un morceau de terre nue, la ligne courbe qu’elle décrit fait la liaison avec la falaise de calcaire typique de la région de l’Aunis qui parait enserrer la mer dans une petite baie.

Le peintre n’a pas peint avec exactitude mais a plutôt recherché la sensation de calme avant la tempête. La jeune fille a la tête tournée vers l’horizon et les nuages, qui signent l’arrêt de sa détente ; elle va devoir bientôt ramener son troupeaux en lieu sûr.

Cette composition est originale, Le peintre mêle deux thèmes paysagés : la marine et la vue champêtre ; les nuages semblent être le sujet principal, ils occupent une grande place dans la toile, de plus ils sont disposés d’une façon inhabituelle, la bordant en haut et envahissant le centre du tableau comme pour bloquer la lumière. La matière est pâteuse ce qui rend l’ensemble massif. Les nuages sont en général représentés avec une texture plus vaporeuse.