Fleurs printanières

Oeuvre de Albert-Tibule FURCY DE LAVAULT (1847-1915), avant 1888, huile sur toile, 200x120cm

Texte : Valentine Darmon (1L1), inscrite en spécialité histoire des arts, Lycée Jean Dautet, La Rochelle.

Furcy de Lavault_Fleurs printanières

Albert-Tibule FURCY DE LAVAULT (1847-1915), Fleurs printanières. Avant 1888, huile sur toile, 200x120cm

Nous savons peu de choses sur la formation et les débuts d’Albert-Tibule Furcy de Lavault, mis à part que c’était un artiste local. La seule affirmation est qu’il exposa assurément au Salon de Paris puisqu’il obtint une médaille en 1888. En outre, il exposa plus régulièrement ses œuvres dans des expositions locales ou régionales comme Bordeaux, Nantes, Rochefort et aussi à l’exposition internationale de Nantes en 1904. Ce peintre travaillait principalement sur des paysages, des natures mortes et surtout des fleurs. Il fut nommé conservateur du Musée de peinture de La Rochelle le 14 mars 1882. En dehors de La Rochelle, ses œuvres sont conservées dans des musées à Blois, Cambrai, Rochefort, Saintes etc…

Le tableau Fleurs printanières est l’une des natures mortes de fleurs, les plus ambitieuses de l’artiste et ce n’est pas étonnant que l’État l’ait choisi pour agrémenter les collections du musée. Furcy de Lavault en fit don en 1888. La composition de cette toile est certes très traditionnelle car c’est une nature morte classique : le fond est neutre et le sujet est placé au centre. L’artiste entre dans la catégorie des peintres dits « naturalistes » et nous comprenons bien que l’important pour Lavault était le traitement des couleurs.

Cette nature morte représente un bouquet de lilas rose dans un vase et à ses pieds, un autre bouquet de pivoines roses. Le vase est posé sur une table recouverte d’un tissu ocre fleuri de même. En observant avec précision les bouquets, nous remarquons que l’artiste a décliné toute une gamme de rouge, de rose et de violet, allant du plus foncé au plus clair selon la disposition du bouquet. Les touches de couleurs sont très affirmées mais sans lourdeur, la palette est diversifiée mais reste en harmonie avec les tons verts des feuillages et les tons chauds du fond. L’artiste joue sur la couleur et la lumière pour faire ressortir le dessin sans que celui-ci soit réellement détaillé. Les couleurs définissent les contours des pétales avec précision et donnent une sensation de netteté. Les tons vifs du bouquet contrastent avec l’ocre de la nappe et du fond, ce qui donne plus de chaleur au tableau. Les motifs du vase et de la nappe renvoient aussi à une esthétique florale, proche du sujet mis en avant.

J’ai choisi ce tableau lors de ma visite au musée des Beaux-Arts de La Rochelle, car quand j’ai contemplé cette œuvre, elle me stoppa nettement dans ma découverte. Sa taille démesurément grande est très impressionnante. Le plus marquant, c’est la sensation que ce tableau provoque lorsqu’on prend le temps de se poser devant. Les couleurs, étonnamment vives, nous transpercent lors de la contemplation, et nous font sentir ridiculement petit, comparé à la grandeur et la magnificence de cette toile. En se perdant de plus en plus dans les méandres de ces techniques artistiques utilisées, nous pouvons remarquer avec plus d’attention, les touches de couleurs qui composent les pétales. Cette cascade de tons clairs et pastels, donnent réellement l’impression d’assister à un incroyable feu d’artifice de gammes de couleur.