Le château de Monbazillac et son or

À quelques encablures de Bergerac, le château de Monbazillac planté au sommet d’un coteau et son vignoble à perte de vue, règnent en maître sur la vallée de la Dordogne. Classé au titre des Monuments historiques depuis 1941, cette demeure construite durant la seconde moitié du XVIe siècle par la famille Aydie a su conserver son architecture singulière malgré les aléas de l’histoire. Quant aux 3500 hectares de vignes répartis sur le terroir de Monbazillac et renommés dès le XVIIe siècle, ils ont fait de son vin liquoreux un synonyme d’opulence par sa concentration d’arômes et de bon potentiel de garde.

Texte : Sarah Demay

Le château de Monbazillac
Au cœur d’un terroir viticole réputé, le château de Monbazillac. ©Château de Monbazillac

Guerres de Religion, Révolution française, révoltes paysannes : le fief du seigneur d’Aydie aura gouté à toutes les vicissitudes de l’histoire de France et sa demeure, qui emprunte au style défensif du Moyen Âge et annonce la Renaissance, aussi.

Défense médiéval et élégance Renaissance

Avec ses douves aujourd’hui sèches, son chemin de ronde et ses mâchicoulis, ses quatre grandes tours d’angle et son large escalier central desservant autant de grandes salles disposées de part et d’autre, sa charpente en châtaignier, le plan rectangulaire du château de Monbazillac témoigne de l’architecture médiévale typique des gentilhommières gasconnes de la fin du XVe siècle. Mais il s’inscrit aussi dans l’art de la Renaissance par ses larges ouvertures percées de fenêtres à meneaux sur chaque façade entre les tours, son pont dormant donnant accès à l’entrée du bâtiment, côté sud, ses menuiseries et boiseries qui viendront parfaire son aménagement jusqu’au XVIIIe siècle.

Toute l’histoire du château de Monbazillac

En visite librement ou en compagnie d’un guide, c’est à la fois l’histoire du château, érigé de 1550 à 1582 par Charles d’Aydie sur l’emplacement d’un ancien village dont on a trouvé des traces dans la cour, et celle de la richesse viticole locale que l’on découvre dans ce lieu emblématique de la région de Bergerac.

Vue d'une des nombreuses pièces du château de Monbazillac.
Intérieur fastueux du château de Monbazillac. ©Château de Monbazillac

Au rez-de-chaussée, la salle des métiers liés à la culture de la vigne et au commerce du vin évoque les principales activités passées de la région. Une autre pièce rappelle la place occupée par le protestantisme en Périgord, le château ayant longtemps été habité par des familles de cette confession. Des gravures et archives relatives aux guerres de Religion qui opposèrent catholiques et protestants, rappellent que les seigneurs de Monbazillac ont apporté leur protection aux assemblées protestantes. Dans l’aile voisine, le grand salon permet d’admirer un plafond à la française doré à la feuille et un parquet à chevron en point de Hongrie en chêne, merisier et sapin, et une cheminée de style Renaissance.

Au premier étage, du mobilier de style baroque italien provenant du château que fit élever l’acteur Mounet-Sully à Garrigues est exposé. Dans la tour attenante, on peut y voir de la porcelaine de Limoges collectionnée par ce tragédien du Théâtre-Français. Sur ce palier, on visite aussi la chambre de la vicomtesse, qui contient des meubles des XVIe et XVIIe siècles, et la halle Rodolphe Germain, un grand photographe de Bergerac, qui permet d’apprécier des expositions temporaires d’art contemporain. Sans oublier la salle dédiée au caricaturiste Sem, où se côtoient des estampes et dessins originaux des bourgeois et mondains de son temps.

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