À Bayonne, quatre destins de femmes

Parcourir Bayonne, c’est comme partir à l’aventure : on ne se sait jamais ce qui nous attend au détour du chemin, ni qui. Dans le centre ancien, classé Site patrimonial remarquable, les témoins de l’histoire jouent avec le temps. Les routes de quatre femmes au destin hors du commun, aux origines parfois lointaines, se sont croisées au cœur de ce patrimoine bayonnais.

Texte : Sophie Lefort, guide-conférencière Villes d’art et d’histoire

Marguerite, Suzanne, Alexandra… sont autant de prénoms qui résonnèrent dans les rues du centre historique de Bayonne au cours des trois derniers siècles et y résonnent toujours.

vue générale de Bayonne
Vue de Bayonne depuis la citadelle ©Sophie Lefort

De Bayonne à Versailles

C’est dans l’ancien quartier du Prévost, accolé aux remparts, non loin de la cathédrale, que vécut Marguerite Brunet, plus connue sous le nom de « La Montansier ». La rue des Faures, où elle naquit le 18 décembre 1730 et passa une partie de son enfance avant de partir pour les Îles du Vent, vibre par la diversité de ses métiers.

Sculpteur, couturière, charpentier, savonneuse, musicien, faiseur de cage, marin, bûcheron et perruquier sont quelques-uns des métiers exercés par les 354 habitants qui y vivent alors. Jacques Brunet, épinglier, sa femme Marie Capdevielle et leur fille Marguerite habitent la maison d’Angla. Datant du XVIIe siècle, « refaçadé » au XIXe siècle, ce bâtiment s’inscrit dans le renouveau urbain amorcé à la fin des années 1600. Les nouveaux remparts construits par Vauban (1633-1707) contraignent une fois encore l’espace habité. La ville se densifie, les maisons gagnent en hauteur, l’habitat collectif se généralise. La maison de Marguerite répond aux critères de construction de ce temps. Un parcellaire étroit, une élévation sur trois niveaux, une structure orthogonale composée de pans de bois peints en rouge suivant les prescriptions de l’époque et bien souvent recouverts d’un enduit.

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